Beyond Diversity: Valerie Smith and the Importance of Intersectional Leadership in Predominantly White Institutions

DANS LA SÉRIE « Sauver l’Intersectionnalité des études féministes blanches »

DOWN

Valerie Smith (princeton.edu) Valerie Smith (princeton.edu)

July 1st, 2015 marks an event that many students of color at predominantly white institutions could imagine only in their wildest dreams: a black feminist scholar will become the president of Swarthmore College. Valerie Smith, who has served as Princeton University’s Dean of College for the past three years, was announced president-elect of the private liberal arts college this past February.

Smith is an accomplished leader making history in more ways than one with her election. An interdisciplinary scholar of African American literature and culture, Smith brings an intersectional perspective to academe as a woman of color invested in mobilizing education for social change. While at Princeton, she founded the Center for African American Studies and led initiatives to diversify faculty members and the student body.

At Princeton, Smith also chaired a committee that examined the academic and cultural experiences of low-income and first-generation students…

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Mise aux points sur les I et aux barres sur les T

Ceci est ma troisième et dernière mise au point. Découvrant depuis peu les joies de la visibilité publique et des sollicitations en tous genres, j’ai décidé de me fendre d’une présentation de mon parcours et de mes opinions qui accompagnera un courrier-type nous permettant à toutes et à tous de ne pas perdre notre temps. Cet essai s’adresse donc à toute personne souhaitant m’instrumentaliser, m’éduquer, me po-lisser, me manipuler… JE VOUS VOIS. N’ESSAYEZ MÊME PAS.

QUI JE SUIS

Amandine GAY, Afro-descendante, Noire, née sous X, cis, Afroféministe, pansexuelle, anticapitaliste, antiraciste, anti-hétéronormativité, agnostique, Afropunk, pro-choix (avortement, voile, travail du sexe), body-positive. J’ai d’ailleurs posé nue pendant des années dans les écoles de dessin et pour des installations photos, j’ai aussi été performeuse burlesque:

Croquis Didi Portrait copie Croquis Didi Debout Feutre copie

Peinture_Craig Hanna_ Le Peintre et Son Modèle copie Shooting_ Wang Qing Song_Safe Milk copie

Amandine GAY_Burlesque Amandine GAY_Nuits de la Palombe_4

Il y a donc belle lurette que je ne me soucie plus d’être une personne respectable, ce qui devrait déjà décourager, tous les Ankh et les Hotep. Je ne suis pas la gardienne ancestrale de la race noire et je n’ai aucune intention de servir de marche-pied afin que les hommes noirs retrouvent leur virilité. Je suis la seule en mesure de définir qui je suis et ça, ça vaut pour tout le monde!

Je crois dur comme fer à la nécessité pour les femmes noires de ne pas se laisser enfermer dans un carcan, quel qu’il soit. Quand j’écris Niafou is the new punk, c’est aussi en l’honneur de mon parcours d’émancipation rythmé par le style musical et le mouvement punk en général :

Mes devises : Go hard, Don’t lie/ No. Shut Up. Get Out /Juste Ferme La

Mes parents, blancs, sont des enfants d’ouvriers, aujourd’hui à la retraite. Ma mère était institutrice et mon père, cantonnier (balayeur pour les non-initié.e.s). J’appartiens à la classe des non-possédants, comprenez: je ne suis pas propriétaire, ni de mon lieu de vie, ni de mes moyens de production -même l’ordi duquel je vous écris ce texte n’est pas à moi 😉 je n’ai pas d’épargne et pas d’héritage en vue. J’ai même un capital négatif puisque je n’ai pas encore remboursé mon prêt étudiant. MAIS je mène une vie bourgeoise puisque mon partenaire est un homme blanc cis riche et plus âgé que moi. Je sais donc très bien où je me situe dans les rapports de classe et je prends soin de situer ma position, principalement parce que tous les personnes qui viennent questionner mon appartenance de classe et la légitimité de ma parole, sont nettement moins loquaces quand il s’agit de révéler où illes se trouvent dans la hiérarchie socio-économique de notre pays. Ci dessous un très bel échange sur le mur FB de mon amie Po avec Tata et Vincent sur la question de l' »exotisation de la pauvreté » :

OLV_Blackgeoisie

OLV_Vincent Ansdesolitude_Blackgeoisie

Mon travail porte sur la déconstruction de la réappropriation culturelle et historique, dont les Noir.e.s, en particulier, les femmes, les queers et les handicapées ont été systématiquement victimes. Qu’il s’agisse d’être purement et simplement effacées de l’histoire, comme dans le cas de l’histoire du féminisme français ; de se voir déposséder de concepts créés par et pour elles-mêmes, comme dans le cas de l’intersectionnalité; ou encore de s’entendre dire que leur tour viendra mais qu’elles doivent s’effacer devant des luttes plus pressantes, qu’il s’agisse de l’antiracisme ou de la lutte des classes.

Je ne souhaite donc pas participer à des événements ayant un rapport avec des organisations politiques (partis, associations institutionnelles). D’autre part, en dehors de conditions extraordinaires, je ne travaille pas gratuitement. Je fais aussi toujours en sorte de préparer paisiblement et en amont mes interventions car je souhaite que mes apparitions publiques ne soient pas dommageables à mon image et que les personnes qui m’invitent soient satisfaites. D’ailleurs, quand j’organise des événements, j’offre les mêmes conditions à mes intervenant.e.s. Merci donc de me respecter et de respecter mon travail quand vous m’invitez, en me donnant les moyens de faire une bonne intervention.

Mon activité c’est auteure politique, je considère que l’écriture peut être chorégraphique, scénaristique, journalistique, bref auteure concerne toutes les formes d’expression. Et politique, doit s’entendre au sens de « polis », vie de la cité. Je le dis et le répète: ce que je chéris par dessus tout, c’est mon indépendance.

JE SORS DE NULLE PART. ET ALORS?

Je rappelle que j’ai été abandonnée à la naissance, donc je sors DÉFINITIVEMENT de nulle part! (Mwaahhaahhhaaa -rire diabolique-) Et ça me va très bien! Vous ne comprenez ni mon « ascension » sur le net ; ni qui je suis, ni d’où je sors. Vous interrogez des personnes de mon entourage car vous ignorez qu’illes sont mes ami.e.s. Vous ne comprenez pas mon parcours, « ce que je veux » et c’est normal, nous ne sommes pas de la même espèce. Petit topo de ce qui nous différencie:

Option A/ Vous souhaitez faire carrière (en politique, dans le journalisme, le milieu associatif)

Toi, oui toi, gauchiste et/ou féministe et/ou universitaire blanc.he qui cherche à t’établir dans l’institution et qui voit dans l’investissement du champ de nos luttes le moyen d’être reconnu.e comme la personne permettant de faire le lien avec la « diversité ».  Tu te fais mousser sur les questions intersectionnelles, mais tu prends bien soin de monopoliser la parole, de te réapproprier les réflexions des non-Blanc.he.s et de les effacer de l’espace public pour mieux servir ta promotion politique personnelle. Toi, le/la carriériste, option récupération à des fins politiques, qui te présente comme notre allié.e mais qui ne supporte pas de nous voir nous organiser et parler pour nous-mêmes. JE TE VOIS.

Toi, le/la non-Blanc.he qui cherche aussi à t’établir comme « garant.e du dialogue entre la blanchisserie et les ex-colonisé.e.s ». Toi, qui agis comme les « évolués » du Kamerun à l’époque coloniale, à savoir celleux qui adoubé.e.s par les Blanc.he.s étaient considéré.e.s comme les moteurs de l’élévation -pas trop rapide quand même- de leur communauté. Toi qui nous traite avec cette attitude propre à l’élite éclairée de gôôôche blanche: mépris et tentatives de divisions pour mieux pouvoir se réapproprier nos réflexions -quand le moment opportun sera venu. Toi qui te cherche une « street cred », prétends représenter des personnes que tu ne côtoies plus, voire n’a jamais cotoyé.e.s mais depuis que tu as rajouté le nom à connotation racisée d’un de tes parents, tu penses que t’es trop « ghetto ». Quand tes plus grands faits d’armes sont de faire une carrière universitaire et d’écrire des textes fleuves incompréhensibles que personne ne lit.  Toi qui au fond, t’en bats la race du plancher collant, ton seul objectif étant de faire péter le plafond de verre et pénétrer l’institution. JE TE VOIS

Vous tous qui à aucun moment, ne questionnez la pratique du pouvoir, la reprise de stratégies et de discours oppressifs, qu’il s’agisse des « leaders charismatiques », de la disqualification des nouve.aux.lles venu.e.s ou de l’engagement dans des luttes de terrain que lorsque les médias s’y intéressent. Exhibit B fut d’ailleurs un magnifique moment de réveil tardif de certaines orgas et personnalités qui ont fait leur apparition aux manifs longtemps après que Mrs Roots et Po,  Le Collectif Contre Exhibit B, des citoyens lambda et moi-même, produisent des textes, des vidéos et campent devant les théâtres concernés tout en se faisant traiter d' »extrémistes racialistes », de « concierges de la pensée », de « racistes anti-Blancs », j’en passe et des meilleures. A vous tous, qui prétendez vous intéresser au sort des Noir.e.s, uniquement quand ça peut vous servir. JE VOUS VOIS ET JE NE VOUS AIDERAI PAS.

Je suis pleine de contradictions, certes, mais je ne fais pas semblant d’être qui je ne suis pas ou de représenter le peuple. Je parle en mon nom, je prends le soin d’expliquer qu’il s’agit de mon avis, mes expériences et quand j’ai accès à des médias mainstream, au lieu de faire passer les idées de mes ami.e.s activistes du net pour les miennes, JE LES CITE. Quand je suis invitée à parler, j’essaie de faire inviter d’autres non-Blanc.he.s et/ou des trans et/ou des handicapées. Ce n’est pas un hasard, ce n’est pas pour faire swag, c’est un choix politique. C’est une volonté active de ne pas devenir le « visage de l’Afroféminisme » ou de contribuer à l’effacement des éternel.le.s oublié.e.s des réflexions sur l’intersectionnalité. L’honnêteté intellectuelle ne coûte rien et si vous ne me comprenez pas, c’est peut-être aussi de ce côté que vous devez creuser.

Option B/ Vous êtes ignorant.e et pensez que je suis là pour faire votre éducation (gratos, en plus)

J’ai depuis peu régulièrement l’impression que nombre de militant.e.s et de journalistes partent du principe que lorsqu’illes découvrent une personne/mouvement/pratique culturelle, leur découverte marque le début de l’existence de cette personne/mouvement/pratique culturelle. Un peu comme les enfants qui se bouchent les yeux pour jouer à cache-cache, ne réalisant pas que vous pouvez toujours les voir, même si eux ne vous voient pas. Nous avons donc eu la découverte en février 2015 par un journaliste du Monde du phénomène Nappy:

Le phénomène s’amplifie depuis cinq ans en Europe, en Afrique et dans les Caraïbes. En France, les blogs, les tumblr, les pages Facebook nappies se comptent par dizaines : Nappy Girl, Nappy is Beautiful, Nappy Crepue Hair, Boucles d’ébène, Brownskin, So & So, etc.

Qu’importe si les premiers blogs remontant à 2005 et qu’un des plus connus, Black Beauty Bag, date de 2007. Quand Le Monde découvre le mouvement Nappy, c’est un peu comme quand Christophe Colomb découvre « l’Amérique ». Petite vidéo sur le « Columbusing », l’appropriation culturelle par les Blanc.he.s qui en découvrant nos mondes, pensent aussitôt en être à l’origine:

Un autre exemple du sans-gêne (oups je voulais dire mépris décomplexé) c’est qu’à peine découverte une de nos activités, les médias se sentent en position de décerner des cookies ou des réprimandes. Ainsi, selon le journal Libération, je me suis « auto-proclamée » : Afroféministe. J’attends désormais que les journalistes me dirigent vers l’instance officielle de proclamation de l’Afroféminisme, car je ne souhaiterai pas avoir froissé qui que ce soit…

Capture d’écran Article Libé

En résumé, je ne suis pas là pour faire votre éducation et encore moins vous rendre des comptes SURTOUT quand vous ne maîtrisez pas votre sujet. Pour connaitre mon avis sur la pédagogie plus en détails, je vous renvoie à la mise au point n°2.

Option C/ Vous ne comprenez pas ma colère

Tant mieux pour vous! Cela veut dire que vous vivez soit dans le monde des Bisounours, soit que vous êtes un maître yogi, soit que vous êtes né.e.s du bon côté de la barrière et ne souffrez ni du racisme, ni du sexisme, ni du validisme, ni des LGBTQIAphobies. Auquel cas, vraiment, tant mieux pour vous. Maintenant, excusez-moi de déranger votre tranquilitude et votre paix sociale, mais il se trouve que moi, cette société ne me convient pas. Ma colère est donc légitime, tant pis si ça trouble le « vivre-ensemble » comme l’a récemment expliqué Mrs Roots. Ma colère m’a gardé en vie jusqu’ici, elle m’a permis de produire une réflexion qui m’est propre et des outils pour pouvoir me défendre et me préserver. C’est une colère froide et saine, elle fait partie de moi et de mon histoire. Je la respecte et j’essaie de lui être fidèle. Je cite toujours Audre Lorde, mais c’est parce qu’elle a déjà tout dit et mieux et plus le temps passe, plus son discours est à propos (malheureusement):

Tourner le dos à la colère des femmes Noires, avec l’excuse ou le prétexte d’être intimidée, ne donne aucune force à quiconque – c’est uniquement une autre façon de préserver les œillères raciales, le pouvoir des privilèges établis, intouchables, intacts. La culpabilité n’est qu’une autre façon de nous traiter en objet. On demande toujours aux peuples opprimés de tendre un peu plus la joue, de construire un pont entre aveuglement et humanité. On attend des femmes Noires qu’elles mettent leur colère au service exclusif du salut des autres, ou de leur information. Mais cette époque est révolue. Ma colère m’a été douloureuse, mais elle m’a aussi permis de survivre ; et avant de m’en défaire, je vais m’assurer que sur le chemin de la clarté, il existe au moins quelque chose d’aussi puissant pour la remplacer.

CE QUE JE DIS QUAND JE ME DIS AFRO-DESCENDANTE, NOIRE

Afro-descendante c’est parce que je m’inscris dans l’Histoire de la diaspora Afro. Je suis avec beaucoup d’intérêt les luttes et le travail des militant.e.s Afro-Brésiliennes ou Allemand.e.s, ou encore, de nos voisin.e.s du Royaume-Uni, avec qui nous partageons des références et des expériences communes vis-à-vis de l’histoire esclavagiste puis coloniale de l’Europe. Je considère aussi que le Maghreb appartient au continent africain et donc, en dépit de la violente négrophobie qui sévit sur ce territoire depuis quelques années, je n’oublie pas qu’il y a à peine 50 ans, Fanon, puis plus tard les Black Panthers pratiquaient la solidarité entre Afro-descendants. Cette histoire commune des luttes s’est perdue, mais je suis optimiste et fière de me battre aux côtés des Afro-descendant.e.s qui se revendiquent comme tel.le.s, peu importe leurs origines.

Noire parce que je porte les  stigmates de l’histoire esclavagiste et coloniale sur ma peau. Lorsque l’on me parle de ma peau d’ébène, de mon corps de gazelle, qu’on me touche les cheveux ou qu’on veut voir l’intérieur de mes paumes « blanches » de main, qu’on présuppose que je suis une bête de sexe et d’une intelligence limitée.

Négrophilie Sexuelle_Valérie Oka

Je n’y vois rien d’anodin. J’y vois le marché aux esclaves, les zoos humains, les viols dans les plantations, le racisme scientifique et sa fumeuse théorie selon laquelle les Noir.e.s étaient le chaînon manquant entre l’homme blanc et le singe. Donc NOIRE, avec tout ce que ça comporte d’expériences spécifiques de discriminations héritées de l’histoire esclavagiste et coloniale de la France. NOIRE avec tout ce que ça comporte de stratégies d’auto-défense mises en place par les femmes et les hommes Noir.e.s au fil des siècles : marronnage,  panafricanisme, afro-féminisme et toutes les politiques de résilience dont nous sommes les auteur.e.s. NOIRE donc. Pas Black, NOIRE. NOIRE

CE QUE JE DIS QUAND JE ME DIS PANSEXUELLE

A titre d’information, l’orientation sexuelle ne fonctionne pas comme les cartes fidélité qu’on te donne au supermarché. On ne te mets pas un tampon à chaque fois que tu bouffes une chatte ou que tu roules une pelle à un.e trans. Déjà parce que c’est réifier les personnes concernées qui ne sont plus alors des individus mais une case à cocher. Et aussi parce que si la présomption d’hétérosexualité est la règle pour tout le monde, y compris avant tout passage à l’acte sexuel, il n’y a pas de raison d’exiger des personnes qu’elles sortent leur diplôme és « sexualité tous terrains ».

Je ne DOIS aucune explication concernant mon orientation sexuelle -quel.le.s que soient mes partenaires- et je ne me dois certainement pas d’outer d’autres personnes. Pourquoi cette introduction me direz-vous? Parce que l’histoire de l’affiche d’OLF revient régulièrement sur le tapis (dans des conversations auxquelles je n’assiste pas mais qu’on me rapporte -l’oeil de Moscou, c’est moi-)

Affiche OLF_Lesbophobie

(En ce qui concerne ce passage honteux de ma vie qu’est le militantisme au sein d’Osez Le Féminisme, je vous renvoie à la Mise Au Point n°1)

Car ce qui est intéressant dans la réaction des militant.e.s de tous bords à cette affiche c’est le paternalisme, l’hétéronormativité intériorisée et toujours le racisme. La présomption d’hétérosexualité, en ce qui me concerne, parce que je suis une femme noire. Et/ou la présomption de non-réflexion sur l’invisibilisation de la parole des personnes concerné.e.s. J’en profite pour rappeler qu’en tant que femme noire, j’appartiens aux populations parlées, regardées, jugées, donc j’essaie d’éviter de reproduire ce qui m’irrite. Bref, tous ces commentaires me confortent dans l’idée que la gauche et le féminisme traditionnels français sont encore loin de mes réalités. Mais surtout, l’injonction à se outer et par là-même outer l’autre personne sur l’affiche qui doit elle aussi prouver qu’elle a bien bouffé des chattes me débecte. Mêlez-vous de ce qui se passe dans VOS lits.

Quand à celles et ceux qui considèrent que l’homosexualité et le patriarcat sont des inventions de l’Occident et que par conséquent les Afroféministes et ou les meufs noires queer sont aliénées par Babylone: retournez faire un tour dans les livres! Vous verrez que ce que l’Occident a amené avec la colonisation c’est : l’hétéronormativité. Les lois anti-sodomie, les lois raciales et sexuelles, pour éviter le métissage ET normer la sexualité des indigènes, qui n’avaient certainement pas attendu l’arrivée des Blanc.he.s pour s’adonner gaiement à la sodomie et au sapphisme!

 CE QUE JE DIS QUAND JE ME DIS AFROFÉMINISTE

Pour moi, l’Afroféminisme est un refus de compartimenter les luttes et une affirmation de la singularité de la situation dans laquelle se trouvent les femmes noires. Femmes et Noires, au cœur de trois discriminations : la race, la classe et le genre. Trois enjeux d’émancipation concurrents que nous n’avons de cesse d’essayer de réunir depuis près de 130 ans. L’Afroféminisme et l’Intersectionnalité sont des outils et des luttes d’émancipation développées par des Afro-descendantes, de part et d’autres de l’Atlantique depuis près d’un siècle et demi. Retour rapide:

  • 1851 : Sojourner Truth « Ain’t I A Woman » speech
  • 1920’s :  Paulette Nardal anime un salon littéraire qui sera le lieu où va émerger la Négritude et publie, « La Revue du Monde Noir » , bilingue français/anglais qui cessera de paraître en 1932 :

Créer entre les Noirs du monde entier, sans distinction de nationalité, un lien intellectuel et moral qui leur permette de se mieux connaître, de s’aimer fraternellement, de défendre plus efficacement leurs intérêts collectifs et d’illustrer leur Race, tel est le triple but que poursuivra « La Revue du Monde Noir

SLIDESHOW 1 copie

  • 1949 : An End to the Neglect of the Problems of the Negro Woman de Claudia Jones (cadre du Parti Communiste Américain, déportée en 1955, du fait du MacCarthysme et qui résidera jusqu’à sa mort au Royaume-Uni). Elle est donc l’auteure d’un des textes fondateusr de l’Afroféminisme où elle dénonce la « surexploitation des femmes noires » et est enterrée à la gauche de Karl Marx.
  • 1977 : le Combahee River Collective (Black Lesbian Feminists) publie son « statement » considéré comme un des points de théorisation officielle du Black Feminism :

Notre orientation politique la plus générale à l’heure actuelle est que nous nous engageons à lutter activement contre l’oppression raciale, de genre, hétérosexuelle et de classe. Et nous considérons comme notre tâche spécifique de développer une analyse et une pratique centrées autour du fait que les principaux systèmes d’oppression sont interdépendantes (…) En tant que féministes noires et lesbiennes, nous savons que nous avons une tâche révolutionnaire très précise à effectuer et nous sommes prêtes pour la vie de lutte et de travail qui s’annonce devant nous.

  • 1978 : La Coordination des Femmes Noires à Paris, milite et publie aussi :

À partir de la confrontation de notre vécu entant que femmes et en tant que noires, nous avons pris conscience que l’histoire des luttes, dans nos pays et dans l’immigration, est une histoire dans laquelle nous sommes niées, falsifiées. (…) C’est pourquoi notre lutte en tant que femmes est avant tout autonome car de la même façon que nous entendons combattre le système capitaliste qui nous opprime, nous refusons de subir les contradictions des militants qui, tout en prétendant lutter pour un socialisme sans guillemets, n’en perpétuent pas moins dans leur pratique, à l’égard des femmes, un rapport de domination qu’ils dénoncent dans d’autres domaines.

SLIDESHOW 2 copie

  • 1981: Aint’I A Woman de Bell Hooks
  • 1981: Women, Race & Class de Angela Davis
  • 1984: Sister Outsider: Essays and Speeches d’Audre Lorde

Après cette rapide inscription de mon parcours dans l’histoire de la pensée Afroféministe, j’en profite pour rappeler que la moitié des Noir.e.s de France sont musulman.e.s. Donc, à tous les petit.e.s malin.e.s de gauche qui pensent pouvoir se délester de leur islamophobie en embrassant la cause afroféministe, sachez que c’est un très mauvais calcul et qu’une fois de plus, je ne vous aiderai pas. Nous ne serons pas vos pions afin que vous puissiez prétendre que vous n’êtes pas racistes. Personnellement, je ne suis pas dupe et je considère que l’islamophobie est une question éminemment raciale et contrairement à certain.e.s, j’ai bonne mémoire en ce qui concerne le racisme de gauche:

Je me suis d’ailleurs aussi largement exprimée dans d’autres médias quand à mes réserves sur le monde de l’anti-racisme blanc français.

CE QUE JE DIS QUAND JE PARLE DE CLASSES

Toutes ces questions politiques et sociales nous amènent à ma critique (ou devrai-je dire, tentative de silenciation) préférée: celle qui consiste à reprocher aux Afro-féministes leur peu d’intérêt pour les questions de classe.

Voici donc un exemple typique d’intervention de gauchiste blanc dans une conversation.

Capture d’écran_Discussion KroKro Potpot_1

Capture d’écran_Discussion KroKro Potpot_2

Capture d’écran_Discussion KroKro Potpot_4

Tout y est, le courageux KroKro Potpot (car ces personnes utilisent des pseudos quand nous militons sous nos véritables identités) me reproche d’abord de trop me focaliser sur la race et dans un élan paternaliste, m’invite à lire Angela Davis!

Malheureusement pour lui et ses amis, ce discours était déjà périmé en 1956, comme vous pourrez le lire dans cet extrait de la  Lettre à Maurice Thorez  rédigée par Aimé Césaire afin d’expliquer sa démission du PCF (Parti Communiste Français):

Ce n’est pas volonté de se battre seul et dédain de toute alliance. C’est volonté de ne pas confondre alliance et subordination. Solidarité et démission. Or c’est là très exactement de quoi nous menacent quelques uns des défauts très apparents que nous constatons chez les membres du Parti Communiste Français : leur assimilationisme invétéré ; leur chauvinisme inconscient ; leur conviction passablement primaire – qu’ils partagent avec les bourgeois européens – de la supériorité omnilatérale de l’Occident ; leur croyance que l’évolution telle qu’elle s’est opérée en Europe est la seule possible ; la seule désirable ; qu’elle est celle par laquelle le monde entier devra passer ; pour tout dire, leur croyance rarement avouée, mais réelle, à la civilisation avec un grand C ; au progrès avec un grand P (témoin leur hostilité à ce qu’ils appellent avec dédain le « relativisme culturel », tous défauts qui bien entendu culminent dans la gent littéraire qui à propos de tout et de rien dogmatise au nom du parti).

Mon avis sur cette idée selon laquelle « la classe » est le véritable combat se résume ainsi: le racisme scientifique et l’esclavage préfigurent le capitalisme donc la fin du capitalisme ne sera pas la fin automatique du racisme. Rappelons aussi ici que dans certaines plantations, un des revenus des femmes blanches était celui du travail du sexe de leurs esclaves noires ou de la « location » de leur travail domestique. Donc encore une fois, l’exploitation spécifique des femmes noires, y compris par les femmes blanches, préfigure le capitalisme donc soit on lutte à tout déconstruire, soit nous savons d’ores et déjà qui sera spollié dans le nouveau système.

Enfin cet argument d’une mauvaise foi éhontée selon lequel nous aurions tous « le même patron » me fait carrément gerber. Même si je devrai être habituée, après tout, nous n’avons pas la même histoire. Sans aller jusqu’à la question des congés payés et de tous les avantages sociaux que la France métropolitaine n’aurait vraisemblablement pas pu s’offrir sans la main d’oeuvre quasi gratuite et l’exploitation des matières premières des colonies. Nous pouvons nous pencher sur l’histoire du syndicalisme français et de pourquoi les Blanc.he.s et les autres n’ont  JAMAIS eu le même patron. Commençons par les usines Citroën et leur hiérarchie raciale:

Je m’étonne. Il n’est que manoeuvre? Ce n’est quand même pas si facile, la soudure à l’étain. Et moi qui ne sais rien faire, on m’a embauché comme « ouvrier spécialisé » (O.S.2, dit le contrat) : O.S., dans la hiérarchie des pas-grand-chose, c’est pourtant au-dessus de manoeuvre… Mouloud, visiblement, n’ pas envie de s’étendre. Je n’insiste pas. A la première occasion, je me renseignerai sur les principes de classification de Citroën. Quelques jours plus tard, un autre ouvrier me les donnera. Il y a six catégories d’ouvriers non qualifiés. De bas en haut: trois catégories de manoeuvre (M. 1., M. 2, M.3); trois catégories d’ouvriers spécialisés (O.S. 1, O.S. 2, O.S. 3). Quand à la répartition, elle se fait d’une façon tout à fait simple: elle est raciste. Les Noirs sont M. 1, tout en bas de l’échelle. Les Arabes sont M. 2 ou M. 3. Les Espagnols, les Portugais et les autres immigrés européens sont en général O.S. 2. Les Français sont, d’office, O.S. 2. Et on devient O.S. 3 à la tête du client, selon le bon vouloir des chefs. Voilà pourquoi je suis ouvrier spécialisé et Mouloud manoeuvre, voilà pourquoi je gagne quelques centimes de plus par heure, quoique je sois incapable de faire son travail. Et après, on ira faire des statistiques subtiles sur la « grille des classifications », comme disent les spécialistes.

 l’Etabli, Robert Linhart, 1978

Continuons avec les usines Talbot, où les syndicalistes blancs tabassent allégrement les syndicalistes Arabes qui veulent faire grève:

Et pour finir, un peu de lecture sur les effets contemporains de cette beau continuum colonial qu’est la segmentation ethnique du travail : « Loyautés incertaines. Les travailleurs du bâtiment entre discrimination et précarité » (N.Jounin) :

http://pdf.lu/ULgZ

Et puis comme je suis ici pour me faire plaisir, je vais aussi employer un mot qui chiffonne certain.e.s gauchistes blanc.he.s -surtout quand illes n’aiment pas se situer dans la hiérarchie raciale et sociale- : PRIVILÈGES!

Les privilèges vont bien au-delà des beaux quartiers et des classes prépas. La stagnation du pouvoir d’achat est une moyenne artificielle qui masque la progression des revenus de catégories qui se disent assommées par le « matraquage fiscal ». Entre 2008 et 2011, le revenu annuel moyen des cadres supérieurs [3] a augmenté de 1 000 euros, alors que celui des employés a baissé de 500 euros et celui des ouvriers de 230 euros. Au cours de la même période, le seuil de revenu des 10 % les plus pauvres a diminué de 4,3 % (après impôts et prestations sociales), quand celui des 10 % les plus riches a progressé de 3,2 %. Une perte de 360 euros annuels d’un côté et un gain minimum de 1 800 euros de l’autre. Or, on entre dans le club des 10 % les plus aisés, à l’abri de la crise, à partir de 3 000 euros nets [4] pour un célibataire ou 5 600 euros en moyenne pour un couple avec enfants. Bien loin des revenus des patrons superstars du CAC 40 ou de nos 0,1 %.

Ce que je trouve absolument confondant c’est de voir que même des médias comme BFM sont capables de pondre des articles sur la plus grande discrimination à l’embauche subie par les descendants d’immigré.e.s

Parmi les jeunes actifs de moins de 25 ans, le taux de chômage des descendants d’immigrés africains atteignait 42% en 2012, contre 22% pour les descendants d’immigrés européens ou les « natifs » (les Français sans ascendance migratoire), selon cette note.

Quand les militant.e.s d’une certaine extrême-gauche continuent à nous bassiner avec leurs histoires de « la classe avant tout ».

CE QUE JE DIS QUAND JE PARLE D’INTERSECTIONNALITÉ

Je viens donc d’expliquer longuement pourquoi, dans mon expérience et à ma connaissance, il est nécessaire d’articuler les luttes d’émancipation. Voici deux exemples en images: la première est une BD où une femme blanche explique à un homme qui l’accuse de diviser l’humanité (car elle se présente comme féministe) qu’elle ne fait que se défendre dans une situation de discrimination. La femme noire derrière elle acquiesce. Puis, la femme blanche se retourne et dis à la femme noire: pourquoi divises-tu le combat féministe en te disant Afro-féministe?

L’image suivante pourrait aussi bien être une réponse à la BD, en effet, une membre des Femen espagnoles pose torse nu avec l’inscription: « les femmes sont les nègres du monde » (titre ô combien malheureux d’une chanson de John Lennon à la base). Car ce type d’affirmation contribue à effacer l’expérience et même l’existence des femmes noires et contribue à déligitimer leurs combats.

Black Feminism CartoonFEMEN_WomanIsTheNiggerOfTheWorld

En 1989, Kimberlé Crenshaw créa donc le terme Intersectionnalité. Dans l’optique de résoudre une limite du droit américain qui reconnaissait, soit les discriminations liées au genre, soit les discriminations liées à la race, elle a développé un concept qui permettait d’illustrer la situation des femmes noires qui se trouvent à l’intersection des discriminations raciales et de genre. Cette idée a très vite été étendue à toutes les formes de dominations et de discriminations comme le racisme, le sexisme, les LGBTphobies, le validisme, etc, afin de montrer comment toutes ces composantes de l’identités des individus pouvaient s’articuler et interagir dans un système capitaliste.

L’émergence de l’Intersectionnalité dans l’espace francophone universitaire et militant blanc a contribué à sa dépolitisation:

Si l’intersectionnalité est née de la lutte des opprimées aux Etats-Unis, il me semble que l’arrivée de l’intersectionnalité en France s’est faite par l’université.  Quand un concept voyage et arrive par l’université, ou alors est rendu visible par l’université (ce qui n’est pas pareil), ou encore par du semblant de militantisme avec des pratiques relevant du même élitisme universitaire, et mobilisant des réseaux universitaires,  il y a nécessairement un biais de race et de classe sur qui va ensuite se l’approprier, même si certaines des choses proposées par le fac sur le sujet sont plutôt intéressantes.

Saving Intersectionality from Feminist Intersectionality Studies /Sauver l’intersectionnalité des études féministes intersectionnelles (S.Bilge) :

http://pdf.lu/VwDM

Peut-on faire de l’intersectionnalité sans les ex colonisé.e.s ? (Fatima Aït Ben Lmadani et Nasima Moujoud)

http://pdf.lu/mk3T

CE QUE JE DIS QUAND JE PARLE DE SE RÉAPPROPRIER LA NARRATION

Il ne suffit pas de produire des outils d’émancipation, encore faut-il être en mesure d’en assurer la diffusion si l’on souhaite qu’ils arrivent intacts aux oreilles des concerné.e.s. Raison pour laquelle je ne cesse de marteler que nous devons nous réapproprier la narration. Qu’il s’agisse d’investir les universités, le monde du cinéma, du journalisme et tout ce qui a trait de près ou de loin aux questions de représentations et de créations de conditions propices à notre émancipation.

Filming is the weapon

L’histoire des Noir.e.s est rarement présentée comme une histoire de l’action, nous sommes les victimes passives de l’Histoire, ou les bénéficiaires de la clémence du roi ou de la République qui décident de nous accorder notre liberté ou notre indépendance. L’histoire de nos luttes et de nos résistances ne sera portée que par nous. Et nous sommes aussi les seul.e.s qui avons intérêt à déconstruire de nombreux mythes, comme celui selon lequel le fait que des Noir.e.s aient vendu des Noir.e.s justifie l’esclavage.

Ma découverte du texte « J’ai séparé nos routes » de Cases Rebelles m’a conforté dans cette voie:

Chaque fois que nous avons été dans la lutte à ses côtés on l’a vu écrire une histoire à son image ; comme à Stonewall par exemple. Et à chaque fois qu’il nous est arrivé de dire nous sommes queers, féministes, marxistes, anarchistes, écologistes, indépendantistes ou autres vous avez entendu « nous vous aimons tant que nous voulons être comme vous, nous voulons nous battre comme vous qui nous avez tout appris. » Et puis vous avez constamment jaugé, jugé, soupesé nos révoltes. Ah nous ne faisions pas comme il fallait faire.
Il n’a jamais été question pour vous de comprendre en quoi nous faisions nos propres lectures à la lumière d’autres vécus et d’autres analyses qui vous échappaient fondamentalement.

Et je poursuis mes recherches en lisant celles et ceux qui comme moi, cherchent la façon d’articuler nos expériences et de mener des luttes conjointes tout en sachant où on se situe dans les rapports sociaux et quand on doit la fermer :

ENFIN CE QUE JE DIS QUAND JE ME DIS AFROPUNK

AFRO GOTH

A/LE ROCK (et tous ses dérivés) Est une musique noire

Va falloir vous y faire.

Et comme je suis en verve, je vous donne même des liens pour vous cultiver sur le sujet:

B/l’éthique punk me permet d’avancer

Le Do It Yourself, ça marche pour tout, y compris les films, demandez à Melvin et à son Guerilla Filmmaking Manifesto. C’est grâce à lui et à cette idée que tout le monde peut jouer, écrire, tout faire, le tout étant de s’y mettre et de s’y mettre à fond, que je me suis lancée dans la réalisation de mon film.

A Guerilla Filmmaking Manifesto

C/ j’en ai marre je vais me coucher mais maintenant vous savez qui je suis et le cas échéant pourquoi vous ne m’aimez pas et surtout pourquoi je ne vous aime pas non plus

La Parole des Afro-descendantes: entre paternalisme, confiscation et réappropriation

Petit retour sur l’événement du 23 février 2015 en photos  (un grand merci à Harmély pour ces clichés et à Styve pour la vidéo)

Dans le cadre de la Semaine Anticoloniale et Antiraciste, nous avons organisé une conférence-débat, Aux petits joueurs (Paris 19) autour d’OUVRIR LA VOIX. Ouvrir La Voix est un film documentaire Afroféministe, matérialiste et intersectionnel qui s’intéresse aux Afro-descendantes d’Europe francophone. Sa sortie publique est prévue pour l’automne 2015. La journée du 23 février a été rendue possible grâce à l’investissement sur plusieurs semaines de toutes ces merveilleuses personnes:

Cloud Soirée 23:02

Nous commençâmes donc la préparation du lieu ( Aux Petits Joueurs) la veille car il fallait stocker les pâtes à pizza pour le lendemain soir, déposer le matériel technique, etc, etc. Le jour J, nous étions une petite équipe (2 en cuisine ; 4 en salle) pour installer la signalétique, organiser le lieu, faire les tests de projection…

OLV_23022015_Mise en place de la Salle_1OLV_23022015_Mise en place de la Salle_2 Les premiers rangs étaient réservés aux participantes du film sans qui toute cette aventure n’aurait pas pu avoir lieu!

Team Pizza_1

La #TeamPizza

Vint ensuite le moment d’installer la « Table Associative » car étaient aussi invitées des associations/librairies abordant les thématiques qui seraient discutées dans la soirée:

Stand Asso_Parlons Des Femmes NoiresStand Asso_DollyStud Stand Asso_Fuk The NameStand Asso_Librairie Tamery

Plus tard, le stand rayonnait de la présence de toutes ces Afro-descendantes engagées, car il est toujours bon de rappeler que tout est politique, de la lecture au militantisme en passant pas les soirées lesbiennes en non-mixité!

Stand Asso_3 Stand Asso_2 Stand Asso_1

Notre briefing d’avant ouverture des portes n’avait pas commencé que les premières personnes arrivaient. Si on m’avait dit quelques mois plus tôt qu’une soirée projection-débat Afro-féministe, un lundi soir de février, en France, serait blindée, j’aurai ri aux éclats. Et pourtant, dès 18h15, les premières personnes arrivaient et lors de l’ouverture officielle des portes à 19h, la sièges furent remplis, d’un coup, d’un seul. J’étais médusée. Nous dûmes même refuser du monde, car passé un certain stade, la capacité de la salle pour maintenir une qualité d’écoute et une sécurité en cas de problème avait atteint sa limite. Près d’un mois plus tard, je ne m’en remets toujours pas!

19h05: fin des places assises

19h05: fin des places assises

20h10 : fin de la présentation de la semaine Anticoloniale et Antiraciste par Gisèle de SDC. On approche de la capacité maximale de la salle.

20h10 : fin de la présentation de la semaine Anticoloniale et Antiraciste par Gisèle de SDC. On approche de la capacité maximale de la salle.

Aux alentours de 20h30, nous cesserons les entrées car nous sommes entre 150 et 200 personnes et bien que le bar soit grand, c’est tout de même un peu beaucoup.  Bref, la partie discussion de la soirée avec des intervenantes de choc, appartenant à la constellation Afroféministe belgo-française, peut donc commencer:

et moi-même parlerons pendant une heure de sujets aussi divers que les féminismes, l’intersectionnalité, le racisme de gauche, les identités Afropéennes, les LGBTQIAphobies, les rapports de classe, le validisme (Ici un Storify du live-tweet)

De gche à dte: Mrs Roots. Many Chroniques. Dictat Indignés. #3IsAMagicNumber

De gche à dte: Mrs Roots. Many Chroniques. Dictat Indignés.

De dte à gche: Po Lomami. Ndella Paye. Amandine Gay

De dte à gche: Po Lomami. Ndella Paye. Amandine Gay

Un extrait du documentaire #OuvrirLaVOix

Un extrait du documentaire
#OuvrirLaVoix

Le moment des questions de la salle fut lui aussi très émouvant et enrichissant, même si nous aurions aimé avoir le temps de répondre à toutes les questions, mais les pizzas et le booty shake attendaient, alors ce sera pour une prochaine fois!

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Je n’ai pas de mots pour décrire la joie que fut pour moi cet événement. Ma plus grande fierté restera d’avoir réussi à remplir une pièce d’Afro-descendant.e.s venu.e.s s’exprimer sur les sujets qui les concerne!

Je remercie encore chaleureusement toutes les personnes qui se sont investies, qui se sont déplacées et qui suivent et soutiennent notre travail et nos actions.

Si ce récit en photos vous a laissé sur votre faim, vous pouvez regarder la discussion et les extraits du film ( à 13:32 puis 48:20 puis 1:15:24) ici : http://www.ouvrirlavoixlefilm.fr/

For The Shame of New Blackery

We do not thank Morgan Freeman who opened the « New Black School ».
So much damage done since then…

Black Millennials

When a certain cohort of Black celebrities attain class privilege, they turn into New Blacks. The term coined by Pharrell, is an old concept in 21st century window dressing. New Blackery is respectability politics magnified by the coveted access, resources, and luxuries that a large bank account brings. With an elevated class status, New Blacks forget the lens by which lower and middle class Black people view racism and race relations because such a lens doesn’t help their brand or bottom line.

When we see a dead Black body laid in the street for over four and half hours, we see a tradition of racist oppression, in which Black bodies are targeted, captured, and killed by a network of institutional racism every 28 hours … not a bully. To us, bullies are those members of law enforcement, vigilantes, and their barely-guised racist supporters who, collectively, uphold these racist systems…

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The Void Speaks Back: Black Suffering as the Unthought of the American Studies Association’s Academic Boycott of Israel

#BlackErasure #Israel

Out of Nowhere

By Nicholas Brady

The black is off the map, and it is from this void that I encounter the discourse around the recent passing of a resolution by the American Studies Association in support of the international boycott, divestment, and sanctions (BDS) movement against the Israeli occupation of Palestine.

In spite of good intentions it must be said frankly that the ASA resolution arises from an anti-black calculus that must be called out and dealt with. Anti-blackness may seem like a secondary concern, a voided subject to avoid, but for the duration of this piece the shadow of this conversation around Israel will get center stage — the shadow, the void will speak back and it is imperative to listen.

In the debate that has emerged around the resolution, there is a deafening silence, one that screams at me every time I read an article either for or against the…

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Manif féministe non-mixte · Ne me libère pas, je m’en charge!

Non, les Noir.e.s ne sont pas des sauf-conduits, des outils, des instruments à disposition pour interroger le continuum colonial. Oui, les femmes noires ont été colonisées ET évoluent dans un système patriarcal. Et OH QUE OUI, les Blanc.he.s vont devoir apprendre quelle est leur place dans le racisme systémique, SURTOUT celles qui perpétuent les violences au nom de l’Art!

KONGOBORINAGE

Le matin du dimanche 8 mars 2015, entre 150 et 200 féministes se réunissaient à Saint-Gilles, Bruxelles, pour une marche féministe non-mixte.

Voici un aperçu, donc loin d’être exhaustif, en images et sons. Mais aussi que les bons côtés. Les moins bons comme les terribles seront débattus ailleurs, plus tard.

marche 04 04

Répétitions avant le départ.

Matériel.

Présentation et revendications.

marche 01 01

En route.

Ne me libère pas, je m’en charge. Ou sinon, ça va péter.


(En grande professionnelle, la batterie de l’appareil piqué à ma mère est tombée morte au début de la marche. J’ai continué avec l’appareil photo de mon gsm, en piteux état, d’où les marques, flous et tâches sur toutes les photos.)

Arrivée sur la Place de la Porteuse d’Eau.

Discours.

Action aux ballons.


Arrivée à la maison communale de Saint-Gilles.

Discours de Malfrap.

Et on repart.


Chanson en galère.

Slogans en galère.

Sexisme, racisme, capitalisme ?

Traversée du parc.

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