GROSSE FATIGUE

TW : Pour celles et ceux qui ne me connaissent pas dans la vraie vie, ne vous inquiétez pas, tant que j’écris, ça va.

Retour sur 48h (et 30 ans) de vie dans ma peau de Noire.

Je suis donc en train de m’installer à Montréal et je m’étais  imposée une trêve d’écriture et d’activités militantes car j’approche du burn-out. Malheureusement, la vie me rattrape toujours. Bienvenue donc dans un énième épisode de « Vis ma vie de Noire ».

Pour célébrer l’anniversaire d’Ismaël -mon beau-fils- (et aussi pour valider mon visa d’étudiante), nous décidons avec mon compagnon d’aller passer deux jours aux États-Unis pour que le petit puisse manger des burgers à la source et que je puisse faire tamponner mon passeport au retour. Jusqu’ici tout va bien, nous sommes des privilégiés qui ont les moyens de vivre entre deux pays et même de faire du tourisme!

Tout va tellement bien que même si c’est le centre de mes activités artistiques, de mes préoccupations politiques et de ma santé mentale vacillante, j’en ai presque oublié que je suis Noire. Je décide comme ça, à la légère de passer deux jours aux États-Unis, pays ô combien « Black Friendly ». C’est le problème de la vie à proximité des enfants, vous vous retrouvez à vous enthousiasmer pour tout. Et tellement perdue que j’étais dans la planification (trouver un motel, un labyrinthe de maïs, un bon resto de burger, etc.) que j’en ai négligé mon usuelle préparation psychologique au voyage. En effet, comme le faisait remarquer une amie dans ce très bon article, le tourisme quand tu es Noire, c’est pas toujours synonyme de fête.

Je me rappelle d’ailleurs en écrivant ceci qu’en début d’année lors de ma première année à Sciences-Po, on nous avait fait remplir un questionnaire dans lequel une des questions était quelque chose comme: « Quelle carrière envisagez-vous? » et j’avais répondu: « Globe-Trotter ». J’étais retombée sur ce bout de papier lors de mon déménagement et ça m’avait bien fait rire, l’inconscience de la jeunesse… La réalité me rattrapa 4 ans plus tard, quand à 21 ans, après mon année d’échange en Australie, je m’enquerrai auprès d’un ami baroudeur sur son expérience du Transsibérien car je rêvais (et rêve toujours) de revenir de Melbourne en passant par la Chine pour arriver à Moscou. Ce garçon qui n’était pas le dernier à se lancer dans des aventures épiques (il avait traversé à pieds, quelques années plus tôt, plusieurs pays du croissant fertile après sa conversion à l’Islam, mais ça c’est une autre histoire). Bref, il m’expliqua très calmement que déjà, une meuf seule dans le Transsibérien, c’était chaud, mais une NOIRE?!!! Là je risquais carrément ma vie! Et tout étonné qu’il était que j’aie même pu y penser, il me laissait à ma déception de réaliser que même ça, le fantasme de post-adolescente de partir sur les traces des grandes exploratrices et à la découverte du pays qui vit naitre et la Révolution russe et Marina Tsvetaeva, je n’y avais pas droit. J’optais donc pour le combo Nouvelle-Zélande/Thaïlande et bien que ce ne fut pas toujours de tout repos, cette première expérience de femme noire seule avec son sac à dos me permit de mettre aux points quelques techniques de survie pour celle qui n’est pas censée aller découvrir de lointaines peuplades et cultures.

  • Règle n.1: Fuir les Français.e.s comme la peste
  • Règle n.2: Agresser à l’instant où il s’assied en face de toi (par exemple en hurlant très fort) tout gros relou qui part du principe que tu es une travailleuse du sexe (surtout en Thaïlande)
  • Règle n.3: Taper l’incruste (aller dans les mêmes motels par exemple) sur de courtes périodes avec des inconnus -cibler les meufs cools et/ou les freaks- pour pas voyager (complètement) seule
  • Règle n.4: Se préparer psychologiquement avant tout passage à un poste frontière pour: ne pas s’énerver quand tu es choisie « au hasard » pour qu’on fouille ton sac. Te remémorer tous les endroits où tu as mis les pieds les jours/semaines précédentes (tip: faites des carnets de voyage/collage comme ça vous gardez tout -tickets de train, note d’auberge, etc- mais de façon artistique, à la fin tu le fais même pour le plaisir). Sourire. Parler avec ta voix la plus douce.
  • Règle n.5: Apprendre à tenir ton poing fermé dans ta poche et ta langue mordue entre tes dents assez longtemps avant de crier/taper dans une poubelle/entamer un monologue sur le racisme systémique sans risquer d’être retenue à la dite frontière.

Je précise qu’à mon époque, il n’existait pas encore Travel Noire et qu’en vertu de l’épisode qui suit, je vais désormais choisir avec beaucoup de soin où je mets les pieds, surtout en vacances.

Retour au présent donc et à l’escapade dans le Vermont:

1er incident: La frontière

Bien entendu, en dépit de nos passeports européens ET de notre ESTA fait sur internet pour la modique somme de 42 dollars, nous sommes forcés de descendre du véhicule. Bien entendu toutes les personnes dans la salle d’attente sont non-Blanches, en majorité des Noir.e.s et les seul.e.s Blanc.he.s qui sont stoppé.e.s sont des groupes de jeunes (pas des familles). Les premières dix minutes, je tiens bon, je plaisante avec Enrico (ça te plait les vacances avec des Noir.e.s hein? Quand t’étais assistant photo chez Magnum, tu la passais tranquillou la frontière U.S, hein? etc. etc.) Au bout de 20 minutes, sans que personne ne nous explique quoi que ce soit et que les Blanc.he.s arrêté.e.s après nous se voient rendre leur passeport avant nous, je commence à me tendre. Mais je continue à me contenir.

IL EST IMPORTANT À CE STADE DE SE SOUVENIR QUE NOUS SOMMES LÀ POUR L’ANNIVERSAIRE SURPRISE D’ISMAËL ET QUE J’ESSAIE DONC DE ME RETENIR DE FAIRE MON LAÏUS SUR LE RACISME SYSTÉMIQUE PUISQU’ON EST EN VACANCES ET QU’ON EST LÀ POUR PASSER DU BON TEMPS.

À 30 minutes, Enrico et moi emmerdons officiellement les bonnes résolutions et commençons à pester entre nous en Italien car on se dit qu’il y a peu de chance pour que les douaniers américains soient trilingues (comme c’est la frontière canadienne, y’en a qui parlent français). Car il faut bien le dire, les douaniers américains c’est vraiment un scandale! Un père et sa fille haïtiens devant nous devront d’ailleurs rebrousser chemin, non sans avoir dû remplir des kilomètres de paperasse comme si c’était déjà pas assez humiliant de devoir rentrer à Montréal… Quand un énième groupe de jeunes Blancs arrivés APRÈS nous sont appelés AVANT nous, je peste un peu plus fort et (je ne crois pas au hasard) le seul douanier non-Blanc (asiatique) nous appelle enfin. Sur ce, on nous prend nos empreintes, les Blanc.he.s non-accompagné.e.s de Noir.e.s n’y ont pas eu droit ET on doit payer 18$ (je rappelle qu’on avait déjà payer l’ESTA) sans raison donc, mais bien entendu à ce stade, on argumente pas, on veut juste récupérer nos passeports. Au total, prés d’une heure à la frontière, sans raison, pour le plaisir de l’humiliation, comme le faisait très bien remarquer une étudiante zimbabwéenne qui vit ça régulièrement lors de ses retours en Europe puisqu’elle étudie en Belgique.

2e incident: le lieu de villégiature

Burlington, charmante bourgade du Vermont, à 1h30 de Montréal est surtout une ville tellement propre et blanche et cliché américain qu’au bout de dix minutes cette surabondance de drapeaux, de grosses maisons, de mecs en bermudas avec leurs casquettes et leurs grosse voitures, tu te sens comme Nicole Kidman dans le remake de Stepford Wives. Et tu comprends aussi nettement mieux le cinéma de Georges Romero! Mais c’est à la tombée de la nuit et en rentrant vers ton motel qui est excentré par rapport au centre-ville touristique que tu réalises que Burlington n’est pas une ville blanche. Non, il y a même des daronnes africaines en boubous, des jeunes latinos qui jouent au foot, mais étonnamment tout ce beau monde est situé en périphérie de la ville et n’apparait que pour le coucher du soleil sur le lac Champlain qui est très beau, il faut le reconnaitre. Mais comme le seul mec noir que tu as croisé dans la journée était un jeune clochard au pantalon déchiré qui arpente la rue commerciale en se parlant tout seul, le contraste entre la ville-musée blanche proprette et ses habitant.e.s racisé.e.s poussés hors de la carte postale te laisse un goût bien amer dans la bouche.

Le 3e incident est celui qui te fait vriller bien entendu: « Laissez votre sac hors de la cabine s’il vous plait »

Nous sommes donc dans un magasin type Vieux Campeur et comme c’est les soldes je me dis que je vais essayer un maillot une pièce vu que je me remettrai bien a la natation « sportive ». Je prends le maillot, je vais aux cabines d’essayage et là, un des vendeurs me dit: « Par contre votre sac, vous pouvez le laisser à l’extérieur? ». Et rebelotte, dans ma tête c’est le 14 juillet. Si je l’embrouille, je suis la Angry Black Lady. Et surtout, je me dis que je veux pas afficher le petit, c’est son anniversaire, je vais pas faire une scène dans le magasin de sport. Mais j’entends bien les Blanc.he.s dans les autres cabines et leurs sacs à elleux ne sont pas à l’extérieur de leurs cabines. Je rentre avec 1 article! 1 article Muttafucka!!! Si je ressors sans rien t’as même pas besoin de fouiller mon sac. Tu penses quoi, que je vais voler des trucs grâce à mes dons de sorcière voodoo?!!! ? Du coup, j’essaye pas le maillot, je retourne vénère vers Enrico et Ismaël et je jure en Italien parce que comme y’a plein de québecois qui vont à Burlington, certains vendeurs parlent français. Mon stratagème fonctionne moyen vu qu’un vendeur vient me demander si tout va bien, je dis que oui en le fustigeant du regard (je suis toujours torturée entre « faire une scène »/ »pas faire une scène »). On prend un pull au gamin parce que même si je veux pas donner de l’argent au magasin, je me dis que c’est pas au petit de trinquer, ça fait déjà deux fois en moins de 24h que je sors de mes gonds. Et je m’étais promis de rester calme.

Mais voila, j’suis SUPER VÉNÈRE!!!

Mon stratagème de survie jusqu’à il y peu était de regarder vers l’avenir: « Quand j’aurai quitté ce village de bouseux » « Quand j’irai vivre dans une plus grande ville » « Quand je travaillerai dans ce qui me passionne » « Quand j’aurai plus d’argent », « Quand je serai heureuse en amour », etc. etc.

Car plus jeune, je pensais sincèrement qu’il existaient des moyens d’atténuer sa négrité, c’est d’ailleurs l’idée du mouvement afro-américain post-esclavage « New Negro » récemment recyclé en « New Black ». En résumé, la politique de respectabilité et surtout, pour ce qui concerne notre époque L’ARGENT, serait notre voie royale vers l’émancipation et l’obtention du respect qui (selon moi nous est dû) mais que l’on doit conquérir selon la team Morgan Freeman/Raven Symone/Pharell et tou.te.s les apologues du « Respectons-nous » . Et bien laissez-moi vous dire un truc les ami.e.s.

En tant que personne qui a menti éhontément à son banquier en assurant que je venais de signer un CDI quand j’étais en route pour un entretien d’embauche ; qui a pleuré dans le bureau de l’assistante sociale pour avoir le droit à l’aide exceptionnelle de la ville de Paris qui m’a payé trois loyers et évité de devoir dégager au printemps ; qui a emprunté de l’argent à des potes pour rembourser d’autres potes, tout en squattant aussi leurs apparts. Bref, pour avoir connu deux-trois galères, je précise que je suis d’accord, vivre avec de l’argent, C’EST MIEUX. Le confort, c’est sympa, les vacances, encore plus et pour mépriser l’argent, encore faut-il en avoir. MAIS ce qui me désole chez la #NewBlackTeam c’est l’entretien du mythe selon lequel notre bonne conduite et/ou notre accession au capital serait la voie du salut et de l’émancipation. Demandez à votre chère Oprah si elle a kiffé son séjour en Suisse? Combien de temps et de mort.e.s vous faudra-t-il pour comprendre que ce n’est pas en gagnant beaucoup d’argent que vous atteindrez enfin les sommets immaculés de la Blanchisserie.

Mais surtout la question qui subsiste c’est qu’est-ce qu’on peut bien vouloir aller foutre avec des personnes qui considèrent que la mort d’un phoque ou d’un lion sont des sujets de société nettement plus inquiétants et/ou émouvants que la mort de leur concitoyen.ne.s? Si je m’énerve là, maintenant, c’est évidemment parce que j’ai moi aussi cru que mes diplômes me protègeraient ; j’ai moi aussi passé près de 20 ans de ma vie à essayer de rentrer dans le moule, à prouver que j’étais une humaine et que je méritais moi aussi de la compassion et de l’empathie. Alors, oui quand je vois des plus jeunes ou des plus vieux qui restent convaincu.e.s que le problème vient de nous, je suis furieuse. Je suis furieuse parce que même lorsque nous nous suicidons nous-mêmes, c’est le système qui a eu raison de notre peau. Je suis furieuse parce qu’en voyant le début de la vidéo de l’arrestation de Sandra Bland mon cœur s’est serré en reconnaissant cet épuisement dans la voix, ce désespoir face à l’humiliation de trop, à l’agression quand tu te rends au travail. Ce moment où tu l’ouvres, même si tu sais quelles pourraient être les conséquences. Et comme tu es une femme noire, tu n’auras même pas droit à une chance. On parle pas de seconde chance, on parle d’UNE chance, UNE. Tu étais dans ton bon droit, mais dans nos cas, demander justice, c’est parfois le début d’un suicide. Tu savais ce que tu risquais et tu ne t’es pas tue, peut-être parce que c’était le jour de trop et j’ai lu quelque part « assassinat (par suicide) » et j’ai trouvé ça très juste. Je pense qu’on ne parle pas assez des conséquences psychologiques du racisme et du sexisme systémique. Je pense, comme cette auteure, qu’il est important de ne pas surestimer les capacités de résilience des Noir.e.s, en particulier des militant.e.s. On peut se battre, être conscient.e et simultanément souhaiter que tout s’arrête. Ce tweet en particulier m’a beaucoup touché sur le lien entre dépression et combat politique:

Il y a aussi une citation de James Cone qui dit:

TO BE BLACK IS TO BE BLUE

J’ai admiré le courage de Terrell J. Starr. Admettre aussi publiquement qu’on est au bout du rouleau, c’est très fort. Et je vois poindre de plus en plus de statuts, vidéos, tweets et billets comme celui de Mrs Roots sur la nécessité de prendre soin de soi. J’ai d’autres raisons au-delà de Sandra Bland et tou.te.s les autres disparu.e.s d’être irascible en ce moment, mais ces derniers mois ont vraiment été de trop et je me retrouve complètement dans tous les discours de lassitude et d’épuisement. Ce ne sont pas les gros trucs qui m’usent, ce qui me tue à petit feu ce sont les petites humiliations, la condescendance et les invasions quotidiennes de mon intégrité physique ( POURQUOI AVEZ-VOUS BESOIN DE TOUCHER NOS CHEVEUX? NOTRE PEAU? POURQUOI?!!!)

Quand je pense qu’il y a encore trois ans, je disais « Quand j’aurai accompli ceci », « quand je vivrai à tel endroit » comme des mantras me permettant de me projeter dans le futur, de me dire que ça allait s’arranger. J’ai moi aussi envie de vivre mais je me suis désormais faite à l’idée que ça ne s’arrangera pas avec un lieu ou un métier, ou un amour, cette merde était là avant moi, elle sera là après moi et ça ne s’arrêtera de me faire mal que quand je serai morte. Aujourd’hui, je sais qu’à la question « Où pouvons-nous être libres, où pouvons-nous être Noir.e.s?« , la seule réponse qui me vient c’est « dans nos têtes ». J’ai choisi Montréal comme étant un des endroits où ce sera le moins pire car j’appartiens à la diaspora. La Caraïbe et l’Afrique sont deux aires géographiques où je serai toujours, la « Négropolitaine », la « Française », voire la « Blanche », sobriquet d’autant plus difficile à avaler quand tu as passé ta vie à te faire pourrir par les Blanc.he.s, justement. Et au-delà de la sensation désagréable d’être rejetée par celleux qui sont censé.e.s être les tien.ne.s se pose bien entendu la question des rapports de domination économique et politique car si mes passages de frontières sont agaçants, mon passeport européen reste tout de même un sacré privilège, mon bagage scolaire aussi et je n’ai vraiment pas envie de me la jouer néo-colon. Quoiqu’en écrivant ça, je me dis que le drame de l’appartenance à la diaspora, c’est de se retrouver à perpétuer les merdes de l’homme blanc quel que soit l’endroit où tu choisis de poursuivre ton errance.. Montréal comme toute l’Amérique du Nord est une terre volée aux Amérindiens, mais c’est aussi une terre d’immigration et c’est pourquoi à ce jour, c’est le meilleur compromis que j’ai trouvé entre toutes mes identités. Tout ce que je peux faire, c’est me renseigner afin d’être la plus respectueuse possible de cette terre et des Mohawks, son peuple.

Et pour la première fois de ma vie, ce dont j’ai le plus hâte, c’est de profiter de l’hiver montréalais pour avoir une bonne raison de ne pas sortir de chez moi. Profiter du temps et du silence dans une ville enneigée pour écrire, me reposer, ne pas me mêler au monde. Parce que je suis fatiguée, fatiguée d’être en colère, fatiguée de ne pas pouvoir être en vacances en dehors des moments où je dors ou suis sous l’effet de produits stupéfiants. Le sommeil, comme les narcotiques et tout ce qui interfère avec notre métabolisme sont des formes d’auto-médication comme tant d’autres et à ce titre, c’est la question des dosages qui détermine leur toxicité. Si vous passez plus de temps à dormir qu’éveillé il y a de fortes chances pour que vous soyez déprimé, idem avec les drogues, elles peuvent soit vous aider à supporter la vie en société, soit contribuer à votre désocialisation. J’ai donc décidé d’essayer l’hiver, long et rude comme mode régulation sociale, il n’y a pas de risque d’accoutumance vu que c’est bien rude et qu’à la fin arrive toujours le printemps. Je me garde l’option cahutte sur la plage au Cap-Vert ou ferme perdue en Nouvelle-Zélande pour mes vieux jours, quand j’aurai vraiment cédé à la misanthropie.

En attendant vu qu’il est 4h30, j’vais me coucher (en même temps quitte à pas dormir, autant écrire)

Pas merci les États-Unis -si y’avait pas New-York, la Nouvelle-Orléans et Portland, je serai pas prête d’y refoutre les pieds-.